Commune de Châlus > La Commune

Toponymie

Châlus porte le nom de Chasluç en limousin, un dialecte de l'occitan. Localement, en patois Châlusien, le nom de la ville s'est toujours prononcé « Chèlu », comme l'illustre la mention portée sur un dessin de 1700, représentant le Château de Châlus en 1460. La première mention de Châlus apparaît dans la Vita Brevior de Saint Waast, rédigée au VIe siècle, lequel serait né en un lieu appelé Leucus, qui pourrait être Châlus (Castrum Leucus). Châlus (Castel Lucius, Castelluccio) est ensuite cité dans deux chartes du cartulaire de l'abbaye de Beaulieu de 885. La transition de Castel (castrum) Lucius (Leucus) à Châlus a été discutée. Jourdain de la Fayardie, archéologue des monuments antiques de Périgueux, alimente par exemple, vers 1750, la confusion, en attribuant la fondation de Châlus, comme celle d'un lieu dit Châlus situé près de Montpont en Dordogne, à Lucius Munatius Plancus, sur le fondement de supputations29. Châlus est in fine considéré comme une contraction de Chatelus, corruption de castellum ou d'un de ses diminutifs (castellucium, castellacius, etc.) qui signifient tous « château » ou « petit château ». Châlusset et Châlucet sont des diminutifs de Châlus.
Plusieurs origines du nom de Châlus Chabrol ont été avancées. Au XIXe siècle, pour certains auteurs, il venait du nom d'un romain, Lucius Capréolus, proconsul d'Aquitaine sous Auguste (et petit-fils du proconsul Duratius), Châlus Chabrol étant le castrum-lucius (Châlus) de Capréolus (Chabrol). Cette croyance était renforcée par une légende, selon laquelle les terres de Châlus recèleraient un trésor, constitué d'une collection de statues en or grandeur nature représentant la famille de Lucius Capréolus, et qui aurait été la cause du siège de Châlus par Richard Cœur de Lion. Les quilles du blason de la ville, représentant le proconsul romain Capréolus et sa famille, reprennent cette légende. Pour d'autres, Chabrol viendrait du mot chèvre en langue limousine, du fait que le château est posé sur un site escarpé et qu'un chemin de chèvres y menait... ou que seuls les chèvres ou les chevreuils (on retrouve l'origine capreolus) pouvaient y monter. Ces spéculations anciennes furent remises en cause au moins à partir de 1854, et le nom du premier château de Châlus est désormais attaché à celui du chevalier Bernard Chabrol qui le fit construire au XIe siècle, sur la base de vestiges plus anciens, et sur demande du vicomte de Limoges.
Le toponyme Châlus Maulmont vient de Géraud de Maulmont, qui fit construire ce château en 1285, en même temps qu'il agrandissait Châlucet.
L'omniprésence de l'eau sur le territoire communal se traduit dans la toponymie de nombreux lieux-dits, comme l'illustre Fonvieille, qui vient de l'occitan font viélha (vieille source), La Ribière de ribiera (du latin ripa, rive) désignant un terrain près d'un cours d'eau, d'une zone humide, Les Courrières directement issues de courrière, rigole d'écoulement, ravine ou Buas, qui est un féminin pluriel, peut-être dérivé du francique buka signifiant cruche, conduite d'eau, lavoir.

 

Topographie, géologie, relief

Située à 35 km au sud-ouest de Limoges et à 65 km au nord-est de Périgueux (29 et 56 km respectivement en distances orthodromiques), Châlus est la ville principale des monts de Châlus, aire géographique d'une altitude maximale de 521 mètres qui constitue les premiers contreforts occidentaux du Massif central avec, plus au nord, les monts de Blond.

Le territoire communal est situé sur un sous-sol de roches métamorphiques, très dur, particulièrement résistant à l'érosion, correspondant au socle cristallin du Massif central, et constitué de gneiss, largement utilisé dans le bâti traditionnel. Il offre un relief assez doux, entre 310 et 437 mètres d'altitude, fait de vallonnements et de fortes collines boisées de taillis de châtaigniers, caractéristiques du paysage. Toutefois, si au nord de la Tardoire l'activité agricole et l'élevage dominent le bocage limousin traditionnel, ils sont, au sud, plus imbriqués avec la forêt, où la présence de monts offre des points de vue panoramiques, comme celui sur Châlus depuis Lageyrat. La géologie châlusienne inclut des massifs de serpentinite, reliques du fond d'un océan disparu au cours de l'édification de la chaîne hercynienne au carbonifère (-350 à -290 millions d'années). Sur cette roche ultramafique et riche en métaux lourds se développe une végétation originale, comme sur la lande de la Martinie. Les sols bruns acides sont, de manière générale, pauvres et peu fertiles. La sismicité est faible, mais non nulle. Si aucun séisme de magnitude supérieure à 3 n'est survenu depuis 1979, la commune se trouve dans l'aire macrosismique de neuf séismes recensés depuis 1925 . Pour deux d'entre eux, la commune est comprise dans l'aire pléisoséiste. C'est le cas pour le séisme du 29 avril 1977  d'une intensité épicentrale de III sur l'échelle MSK64 et pour celui du 6 novembre 1978 qui fut d'une intensité épicentrale et ressentie dans la commune de V à VI (l'épicentre de ce dernier peut être localisé entre Châlus et Gorre, par 45°41' de latitude nord et 0°59' de longitude est.

Climat

Le milieu naturel châlusien est soumis à l'influence d'un climat océanique humide, avec des précipitations assez abondantes, et des températures sans excès, que l'altitude et l'exposition contribuent à moduler.

Hydrographie

Châlus est une « Aigue verse » à cheval sur les bassins hydrographiques de la Loire, de la Charente et de la Dordogne. Les fortes précipitations liées à un climat océanique humide et à un sol cristallin imperméable ont induit un réseau hydrographique dense qui modèle fortement le paysage. Les cours d'eau, souvent bordés de ripisylves, maintiennent des corridors écologiques qui serpentent dans des vallons humides et présentent un fort intérêt paysager. L'omniprésence de l'eau sur la commune, riche en sources, serves, puits, lavoirs et fontaines à dévotion, est renforcée par la présence d'un grand nombre d'étangs. Les eaux souterraines, concernées par le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) du bassin Adour-Garonne, sont, comme l'ensemble des eaux souterraines de la communauté de commune, de bonne qualité physico-chimique, bien que faiblement minéralisées et acides.

Le cours d'eau principal, la Tardoire, est une rivière classée en seconde catégorie piscicole sur son cours supérieur. Elle appartient au bassin de la Charente, dont elle forme l'extrémité la plus orientale. La vallée de la Tardoire constitue, comme la lande de la Martinie, une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), avec la présence notamment de la loutre, du râle d'eau, du cincle plongeur ou du busard Saint-Martin. Elle prend sa source sur la commune de Pageas, à la sortie d'un étang sous le hameau du Mazaubert, puis s'encaisse pour franchir l'ancien moulin entre les châteaux de Châlus Chabrol et de Châlus Maulmont. En aval, la Tardoire perd peu à peu son eau pour alimenter le système de gouffres et de résurgences du karst de La Rochefoucauld, puis ressort, associée à d'autres eaux souterraines dont celles du Bandiat, aux sources de la Touvre. En cas de crue, la Tardoire peut conserver assez d'eau pour constituer un affluent de la Bonnieure. La commune est parsemée de ruisseaux naturels, tels le ruisseau du Lac, qui prend sa source à proximité du lieu-dit « Chareilles » et rejoint la Dronne via les étangs de Maison Neuve (commune de Dournazac) ou le ruisseau des Maisons, qui constitue un site majeur du patrimoine naturel, notamment en raison des populations d'écrevisses à pattes blanches d'intérêt européen qu'il abrite. De multiples rigoles artificielles, de très faible importance, créées pour drainer les vallées humides et amender la terre, participent également au système hydraulique du territoire.

Le territoire communal compte 60 étangs ; la superficie du plus petit correspond à un are et celle du plus étendu est supérieure à deux hectares. Certains d'entre eux alimentaient autrefois des moulins. Les plus récents, qui sont aussi les plus nombreux, sont directement liés au développement d'une société de loisirs. Ils sont, le plus souvent, construits par obstruction d'une petite vallée, ce qui a réduit la surface des zones humides et modifié l'aspect du paysage en le remodelant de façon importante, avec une influence possible sur le climat.

La richesse hydrographique du territoire s'accompagne de nombreux petits ouvrages bâtis : ponts, moulins, lavoirs, abreuvoirs, fontaines, puits. La Tardoire est franchie par une dizaine de ponts, dont le plus important est un petit viaduc à trois arches, dit les trois ponts.